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Trotmany
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   Posté le 28-02-2015 à 10:26:21               

Métaphysique du stoïcisme ancien


Zenon de Cition, fondateur du stoïcisme


1. Le Monde est un être vivant

Chez les Stoïciens, le Monde est pénétré de toute part d'un même Feu. Ce Feu est comme une âme directrice, l'éther : son principe de cohésion, de mouvement et de vie. Les différentes parties du Monde ne sont donc pas isolées les unes des autres. Elles communient dans un même sentiment, dans un même souffle, dans une même continuité.

Le Feu entretient entre chaque élément une relation de sympathie universelle. Par lui, toutes choses se trouvent "inter-connectées" et participent à une même individualité. Pour Zénon, l'ensemble du Ciel et du Monde, parcourut par cette âme ignée, est la substance de DIEU. Le stoïcisme est donc une doctrine panthéiste pour qui DIEU est un être vivant, composé de tout ce qui est.



Neurones du mésenchyme de rat sur tapis astrocytaire. © CNRS Photothèque



2. Le Feu spermatique

Les Stoïciens anciens pensaient que le Feu est une sorte d'essence qui engendre toutes choses "avec une science et un art parfaits et procédant méthodiquement." (Diogène Laërce, Vie et doctrines des philosophes de l'Antiquité, Livre VII, Chapitre I - Zénon) Le Feu est semence universelle, qui donne aux corps leurs propriétés particulières dans les trois règnes : minéral, végétal et animal.

Ce Feu est comme un souffle, une force, une pensée et une raison qui contient tout et fait que sous l'action de sa tension l'être existe. Ainsi, l'âme humaine procède également de ce Feu. Elle est un souffle mis en nous par la nature à notre naissance, grâce auquel le corps existe et qui dure après la mort. L'ensemble des âmes des êtres vivants - qui sont périssables - forment l'âme de l'Univers, qui est éternelle.


3. Cycle cosmique et éternel retour

Pour les Stoïciens, le Monde est un grand être animé qui vit et respire comme les autres animaux. Sa "respiration", c'est le mouvement de va-et-vient des astres qui, au terme de leurs trajectoires, reviennent à leur point de départ. Le Monde dans son ensemble poursuit donc un mouvement cyclique dans des alternances de phases de croissance et de décroissance, d'aller-retour.

Au commencement des temps était l'éther, le Feu spermatique, l'âme du Monde. Celui-ci s'est condensé pour engendrer l'Air, l'Eau et enfin la Terre. Le Monde se déploie dans l'espace. Au terme de cette dilatation, il entre dans une phase de contraction qui l'amène à se replier en lui-même : l’Apocatastase. Chaque élément du Monde retourne à sa place originelle pour y être absorbé, dissout et purifié par le feu. Par la suite, tout recommence à nouveau : c'est la Palingénésie cosmique. Le Monde renaît et entame une nouvelle phase d’expansion. Celle-ci régénère et restaure les mêmes phénomènes dans leur ensemble et jusqu'aux moindres détails.

Némésius dans de la nature de l'homme chapitre XXXVIII précise "Ainsi l'on verra reparaître Socrate, Platon, et les autres hommes avec leurs mêmes amis, et leurs mêmes concitoyens : tous auront de nouveau les mêmes pensées, tous feront encore les mêmes choses; les villes, les bourgades, et les champs redeviendront ce qu'ils ont été."

Ce mouvement d'allées et venues cyclique se perpétue éternellement et chacun de ces cycles, appelés Grande Année, occupe plusieurs milliers d'années.




4. Cause unique et destinée universelle

Chaque élément qui constitue le Monde, du plus petit au plus grand, subit l'influence du Feu spermatique. Toutes choses sont liées entre elles par un même mouvement, une même inspiration, un même dessein supérieur. Tout est soumis à cette cause unique, qui impose sa volonté au Monde et lui donne sa cohérence.

Ce qui arrive est conforme aux exigences du Feu spermatique. La destinée de l'univers suit la trame d'un projet qui nous englobe et nous dépasse en même temps. Ce qui dépend de nous, c'est l'atteinte de l'ataraxie : l'absence de troubles et de passions, la paix intérieure, que les stoïciens assimilent au bonheur véritable.

Ainsi la théologie et l'éthique stoïciennes appellent l'Homme à une prise de distance, et à une certaine lucidité quant à sa véritable liberté de choix. Un chien qui tire un chariot est libre d'épouser la trajectoire du chariot ou bien de s'y opposer vainement. Ce qui nous revient, en dernière analyse, c'est d'accepter notre destinée et de la servir au mieux, en conformité avec l'harmonie universelle : le Kathekon. Ainsi, Marc-Aurèle conclut : "Tout me convient de ce qui te convient, Ô Monde !"

@ Miroir

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