| Sujet : L'évangéliste Jean, un gnostique helléniste? |
| Posté le 01-05-2008 à 18:26:54
| Il faut l'avouer, à côté des Évangiles synoptiques, celui de Jean est un peu à part. Cela commence avec son prologue où il fait l'apologie du Logos , une conception hellénistique. Mais le plus troublant vient plus tard : "Jésus leur dit : "Si Dieu était votre père, vous m'auriez aimé, car c'est de Dieu que je suis sorti et que je viens ; je ne suis pas venu de mon propre chef, c'est Lui qui m'a envoyé. Pourquoi ne comprenez-vous pas mon langage? Parce que vous n'êtes pas capables d'écouter ma parole. Votre père, c'est le diable, et vous avez la volonté de réaliser les désirs de votre père. Dès le commencement il s'est attaché à faire mourir l'homme ; il ne s'est pas tenu dans la vérité parce qu'il n'y a pas en lui de vérité. Lorsqu'il profère le mensonge, il puise dans son propre bien parce qu'il est menteur et père du mensonge ." Jean 8, 42-44 On pourrait trouver dans ce passage une influence gnostique avec la croyance en un démiurge secondaire et mauvais, prince de ce monde. Aussi, on peut retrouver plus loin : "C'est maintenant le jugement de ce monde, maintenant le prince de ce monde va être jeté dehors." Jean 12, 31 "Désormais, je ne m'entretiendrai plus guère avec vous, car le prince de ce monde vient." Jean 14,30 Curieuses affirmations qui dénotent avec le récit fait par les synoptiques. Que faut-il en conclure? |
| | Posté le 01-05-2008 à 22:18:42
| A moins que cet évangile n'ait été expurgé avec le temps, on ne peut pas dire que ses éléments gnostiques soient nombreux ou caractéristiques. On ne parle pas d'archontes, ni de Sofia/Prounikos/Akhamoth, ni des Éons, etc ... J'y vois juste une petite influence gnostique. |
| | Posté le 02-05-2008 à 09:37:57
| Je n'y connais pas grand chose, et à vrai dire je ne sais même pas ce qu'est le gnosticisme... mais il me semble que ta première citation sortie de son contexte prent un sens qu'il n'a pas dans l'évangile... "Jésus leur dit : "Si Dieu était votre père, vous m'auriez aimé, car c'est de Dieu que je suis sorti et que je viens ; je ne suis pas venu de mon propre chef, c'est Lui qui m'a envoyé. Pourquoi ne comprenez-vous pas mon langage? Parce que vous n'êtes pas capables d'écouter ma parole. Votre père, c'est le diable, et vous avez la volonté de réaliser les désirs de votre père. Dès le commencement il s'est attaché à faire mourir l'homme ; il ne s'est pas tenu dans la vérité parce qu'il n'y a pas en lui de vérité. Lorsqu'il profère le mensonge, il puise dans son propre bien parce qu'il est menteur et père du mensonge ." Jean 8, 42-44 Dans ce passage là il me semble que Jésus s'adresse aux juifs qui cherchent à lui tendre un piège pour avoir de quoi l'accuser et le porter en justice. Ceux-ci lui disent "Notre père, c'est Abraham" et il leur répond "Si vous êtes enfants d'Abraham, faites donc les oeuvres d'Abraham. Or, vous cherchez à me faire mourir". Ils lui disent "Dieu est notre seul père", et il leur répond alors "Non, vous faites l'oeuvre de votre père et votre est le diable etc" Moi je vois cela comme une manière pour Jésus de leur dire qu'il a compris leurs mauvaises intentions, ce qui prouve qu'ils font l'oeuvre d'un père terrestre et non d'un père céleste. Je m'étais plus intéressé à l'évangile de matthieu, et j'aurais tendance à rapprocher ce passage de celui-ci : "N'allez pas croire que je sois venu apporter la paix sur la terre ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais bien le glaive. Oui, je suis venu séparer l'homme de son père, la fille de sa mère, la belle-fille de sa belle-mère : on aura pour ennemis les gens de sa maison." Matthieu 10, 34-36 ou encore lorsque Jésus dit à ses disciples qu'un prophète est méprisé dans sa patrie et sa propre maison Du peu que j'ai lu sur le gnosticisme, la notion "Je suis au monde, mais je ne suis pas de ce monde" pourrait à priori se rapprocher de ce qui dit Jésus, mais certainement pas le fait que "le Cosmos et son Créateur soit mauvais". Il me semble que ça soit justement le contraire que tente d'enseigner Jésus dans les évangiles, de détacher les hommes de leur préoccupations et de leur habitudes terrestres pour les attacher à des pensées métaphysiques |
| | Posté le 02-05-2008 à 09:39:13
| | Et puis là je pose une question en complet ignorant, mais n'est-ce pas au contraire le gnoticisme qui s'est inspiré du christianisme ? |
| | Posté le 02-05-2008 à 13:19:39
| Atil a écrit :
A moins que cet évangile n'ait été expurgé avec le temps, on ne peut pas dire que ses éléments gnostiques soient nombreux ou caractéristiques. On ne parle pas d'archontes, ni de Sofia/Prounikos/Akhamoth, ni des Éons, etc ... J'y vois juste une petite influence gnostique. |
Tout à fait. Ils sont toutefois suffisamment présents pour déranger le lecteur.
Usul a écrit :
Du peu que j'ai lu sur le gnosticisme, la notion "Je suis au monde, mais je ne suis pas de ce monde" pourrait à priori se rapprocher de ce qui dit Jésus, mais certainement pas le fait que "le Cosmos et son Créateur soit mauvais". |
Ce qui me dérange, c'est cette notion de "prince de ce monde". Comme si nous étions sous la coupe de Satân et que Dieu n'a point d'emprise sur l'homme. Cette notion de démiurge mauvais est très prisée des gnostiques (et beaucoup plus tard, a fait les joies des théories cathares). Je n'ai pas retrouvé pareille affirmation dans les synoptiques.
Usul a écrit :
Et puis là je pose une question en complet ignorant, mais n'est-ce pas au contraire le gnoticisme qui s'est inspiré du christianisme ? |
Cela n'empêche pas le fait qu'un des rédacteurs des Évangiles ait une tendance gnostique. Pour rappel, le christianisme s'est développé tout d'abord en l'absence de tout texte de référence. On se basait alors davantage sur les Épitres des "pères", qui étaient là pour structurer les cellules naissantes.
Edité le 02-05-2008 à 13:23:08 par Trotmany |
| | Posté le 02-05-2008 à 13:57:29
| si le gnosticisme s'est inspiré du christianisme, peut-on à dire qu'un des évangiles a des influences gnostiques ?? ça me parait un peu tordu votre histoire "Ce qui me dérange, c'est cette notion de "prince de ce monde". Comme si nous étions sous la coupe de Satân et que Dieu n'a point d'emprise sur l'homme." >>> Dans tes deux autres citations de l'évangile de Jean, l'expression "prince de ce monde" semble ambigue en effet... premièrement il semble que Jésus parle de lui-même, et dans l'autre qu'il parle d'un "mal" ou "malin". Mais si on relève ce qu'écrit Jean quelques strophes auparavant : Jésus leur répondit en ces termes : " Elle est venue, l'heure où le Fils de l'homme doit être glorifié. En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé qui tombe en terre ne meurt pas, il reste seul ; si au contraire il meurt, il porte du fruit en abondance. Jean 12, 23-24 En ce sens, il n'est peut être finalement pas tant contradictoire que Jésus dise "le prince du monde vient" en parlant de lui et en sachant qu'il va mourir... dans mes souvenirs les évangiles n'abordent pas directement le problème de savoir qui a emprise sur la vie de l'homme et le rend mauvais... mais je n'en ai fait qu'une lecture superficielle A mon sens pourtant, il y est plus souvent fait allusion que c'est l'homme lui-même qui a une emprise maléfique sur l'homme, plutôt qu'un quelconque prince démoniaque. Je crois me souvenir de plusieurs allusions à l'importance pour Jésus de se séparer de ses pairs et de se défaire de tout ce qui peut permettre à un autre homme d'avoir un pouvoir sur soi. "Rendre à César ce qui est à César" Mais c'est vrai que je ne me souviens pas particulièrement de l'évangile de Jean. |
| | Posté le 02-05-2008 à 14:38:07
| Je te comprends Usul. Les choses dont je parle sont dispersées par touches délicates ce qui nous empêche de croire que le message de Jésus soit celui-là. Cependant, j'éclaire à nouveau notre réflexion de divers passages :
"Version Chouraqui" a écrit :
"Mais si notre annonce est voilée, c'est pour les perdus qu'elle est voilée, ceux dont l'Elohîms de cette ère a aveuglé les pensées , ceux qui n'adhèrent pas, de peur que ne brille pour eux l'illumination annonçant la gloire du messie, lui-même image d'Elohîms." (II Corinthiens 4, 3-4) |
"Version TOB" a écrit :
"Si cependant notre Évangile demeure voilé, il est voilé pour ceux qui se perdent, pour les incrédules, dont le dieu de ce monde a aveuglé l'intelligence , afin qu'ils ne perçoivent pas l'illumination de l'Évangile de la gloire du Christ, lui qui est l'image de Dieu. |
Qui est le "Dieu, l'Elohîms de ce monde" ? Entre-t-il en conflit avec un autre Dieu ? l'épitre aux Éphésiens nous donne des explications supplémentaires.
"Version Chouraqui" a écrit :
"Revêtez l'armure d'Elohîms, pour être capables de tenir en faces des fraudes du diable, parce que notre lutte n'est pas contre la chair et le sang, mais contre les principautés, contre les autorités, contre les cosmocrates de cette ténèbre, contre les souffles du mal dans les cieux. " (Éphésiens 6, 11-12) |
"Version TOB" a écrit :
"Revêtez l'armure de Dieu pour être en état de tenir face aux manoeuvres du diable. Ce n'est pas à l'homme que nous sommes affrontés, mais aux Autorités, aux Pouvoirs, aux Dominateurs de ce monde de ténèbres, aux esprits du mal qui sont dans les cieux ." |
Et nous voici avec un début de démonologie manichéenne qui est complètement aberrante vis-à-vis de la doctrine de Jésus. Notre monde est sous la coupe d'un Dieu secondaire, des forces du mal, qui logent aux cieux! Le plus beau est à venir... et c'est un épitre de Jean qui nous l'offre :
"Version Chouraqui" a écrit :
"Nous savons que quiconque est né d'Elohîms ne faute pas, mais qui est né d'Elohîms le garde, et le criminel ne le touche pas. Nous savons que nous sommes d'Elohîms ; mais l'univers entier nuite dans le crime ." (I Jean 5, 18-19) |
"Version TOB" a écrit :
"Nous savons que quiconque est né de Dieu ne pèche plus, mais l'Engendré de Dieu le garde, et le Mauvais n'a pas prise sur lui. Nous savons que nous sommes de Dieu, mais le monde tout entier gît sous l'empire du Mauvais ." |
Alors que Jésus a essayer de faire comprendre que l'origine des maux physiques, des handicaps, des maladies n'est pas un péché durement réprouvé par Dieu... Jean semble nous indiquer le contraire. Nous sommes nés d'Elohîms, les autres sont nés de Satân. C'est un peu ce qu'il explique, en essence. On est loin, à mon sens, du Jésus qui loge chez les criminels et du Jésus qui défend les péripatéticiennes. "Que celui qui n'a jamais pêché jette la première pierre"... N'y a-t-il pas dans ces passages une dérive dangereuse, que l'on a retrouvée dans les années noires de l'Église catholique ? La question essentielle à se poser est donc celle-ci : Si nous retrouvons des influences gnostiques nocives à l'intérieur même du corpus biblique, n'est-il pas temps de réexprimer clairement la Bonne Nouvelle de Jésus? En sachant que celui-ci l'annonçait déjà de son vivant, elle ne peut être simplement l'annonce de sa résurrection.
Edité le 02-05-2008 à 14:41:56 par Trotmany |
| | Posté le 02-05-2008 à 15:16:24
| "C'est un peu ce qu'il explique, en essence." en essence je ne sais pas, mais dans la forme oui ça y ressemble en tout cas je n'ai lu que les évangiles dans le nouveau testament, donc tout ça me dépasse un peu mais ça ressemble malheureusement aux banales dérives de toute idéologie, qui transforme l'énergie déchaînée pour des causes libertaires contre des répresseurs en une violence dirigé contre toutes sortes de choses qui pourraient être les causes du mal, les oppressés devenant alors à leur tour oppresseurs à priori, la doctrine de Jésus, mais comme d'autre aussi, donne une solution à l'homme pour vivre en tant que minorité dans une société... voir, lui donne les moyens de faire en sorte qu'il ne soit plus minoritaire ...mais il n'y a aucune réfléxion politique qui donnerait les moyens de faire vivre une communauté ensemble et c'est un peu le problème de tout mouvement révolutionnaire d'ailleurs je crois |
| | Posté le 02-05-2008 à 20:21:30
| Usul a écrit :
Et puis là je pose une question en complet ignorant, mais n'est-ce pas au contraire le gnoticisme qui s'est inspiré du christianisme ? |
Toutes les sectes gnostiques se sont imprégnées de christianisme. A l'origine le gnosticisme n'était qu'un mouvement juif et il ignorait l'existance de Jésus. Par la suite toutes les sectes gnostiques vont récupérer jésus dans leur mythologie et, ce faisant, elle vont donc se christianiser en surface. |
| | Posté le 02-05-2008 à 20:24:59
| | PS : Même dans les synoptiques le diable semble également être le prince de ce monde puisqu'il essaie de tenter Jésus en lui offrant la domination sur toute la terre. |
| | Posté le 02-05-2008 à 20:45:42
| Trotmany a écrit :
[citation="Version Chouraqui"]"Mais si notre annonce est voilée, c'est pour les perdus qu'elle est voilée, ceux dont l'Elohîms de cette ère a aveuglé les pensées , ceux qui n'adhèrent pas, de peur que ne brille pour eux l'illumination annonçant la gloire du messie, lui-même image d'Elohîms." (II Corinthiens 4, 3-4) |
"Version TOB" a écrit :
"Si cependant notre Évangile demeure voilé, il est voilé pour ceux qui se perdent, pour les incrédules, dont le dieu de ce monde a aveuglé l'intelligence , afin qu'ils ne perçoivent pas l'illumination de l'Évangile de la gloire du Christ, lui qui est l'image de Dieu. |
Qui est le "Dieu, l'Elohîms de ce monde" ? Entre-t-il en conflit avec un autre Dieu ? [/citation] >>>>>>>Pourtant les musulmans, qui ne sont pas gnostiques, disent la même chose : Allah est l'unique maitre de ce monde et il s'amuse à aveugler qui il lui plait. Même si ca parrait injuste.
Citation :
"l'épitre aux Éphésiens nous donne des explications supplémentaires...." |
>>>>>>>N'oublions pas que Jean et Paul ne font pas forcémeent partie du même courant chrétien. Et notons que certains pensent que les seuls textes authentiques de Paul seraient seulement Romains, Corinthiens 1 & 2, et Galates.
Citation :
"Et nous voici avec un début de démonologie manichéenne qui est complètement aberrante vis-à-vis de la doctrine de Jésus. Notre monde est sous la coupe d'un Dieu secondaire, des forces du mal, qui logent aux cieux! " |
>>>>>>De plus Paul parle de Jésus comme d'un être céleste qui semble n'avoir jamais vécu physiquement sur terre. Il ne parle jamais de la vie de Jésus et semble dire que c'est seulement dans le futur qu'il descendra parmi nous. Son Jésus ressemble donc à un Eon gnostique.
Citation :
Le plus beau est à venir... et c'est un épitre de Jean qui nous l'offre :
"Version Chouraqui" a écrit :
"Nous savons que quiconque est né d'Elohîms ne faute pas, mais qui est né d'Elohîms le garde, et le criminel ne le touche pas. Nous savons que nous sommes d'Elohîms ; mais l'univers entier nuite dans le crime ." (I Jean 5, 18-19) |
[citation="Version TOB"]"Nous savons que quiconque est né de Dieu ne pèche plus, mais l'Engendré de Dieu le garde, et le Mauvais n'a pas prise sur lui. Nous savons que nous sommes de Dieu, mais le monde tout entier gît sous l'empire du Mauvais ." |
Alors que Jésus a essayer de faire comprendre que l'origine des maux physiques, des handicaps, des maladies n'est pas un péché durement réprouvé par Dieu... Jean semble nous indiquer le contraire. Nous sommes nés d'Elohîms, les autres sont nés de Satân. C'est un peu ce qu'il explique, en essence. [/citation] Mais si nous pouvons être nés d'Elhoim, alors c'est que nous sommes fils de Dieu. Donc nous sommes comme Jésus ! Ce passage irait donc dans le sens des anciens chrétiens adoptianistes qui disaient qu'un "fils de Dieu" était un homme qui avait été adopté par Dieu en raison de sa sagesse. Progressez spirituellement et vous deviendrez des fils de Dieu tout comme l'avait fait jésus.
Citation :
"On est loin, à mon sens, du Jésus qui loge chez les criminels et du Jésus qui défend les péripatéticiennes. "Que celui qui n'a jamais pêché jette la première pierre"... N'y a-t-il pas dans ces passages une dérive dangereuse, que l'on a retrouvée dans les années noires de l'Église catholique ? |
>>>>>Il est clair que Paul et Jean ont énormément déformé l'enseignement primitif de Jésus.
Citation :
"La question essentielle à se poser est donc celle-ci : Si nous retrouvons des influences gnostiques nocives à l'intérieur même du corpus biblique, n'est-il pas temps de réexprimer clairement la Bonne Nouvelle de Jésus? En sachant que celui-ci l'annonçait déjà de son vivant, elle ne peut être simplement l'annonce de sa résurrection. |
Mais la focalisation sur la resurrection fait également partie des délires gnostiques que Paul a rajouté à la doctrine chrétienne. Le christianisme le plus ancien passait la resurrection totalement sous silence. |
| | Posté le 02-05-2008 à 21:25:32
| Atil a écrit :
PS : Même dans les synoptiques le diable semble également être le prince de ce monde puisqu'il essaie de tenter Jésus en lui offrant la domination sur toute la terre. |
Bien, je pense qu'on peut l'interpréter plus sagement.
"TOB - Matthieu 4,1" a écrit :
"Alors Jésus fut conduit par l'Esprit au désert, pour être tenté par le diable." |
Jésus se retire au désert ; terre où Dieu n'exerce pas son action fécondante.
"TOB - Isaïe 34, 13b-15a a écrit :
"Ce sera (le désert) le repaire des chacals, l'aire des autruches. Les chats sauvages y rencontreront les hyènes, les satyres s'y répondront. Et là aussi s'installera Lilith : elle y trouvera le repos. C'est là que le serpent fera son nid, pondra, couvera ses oeufs et les fera éclore sous sa protection." |
Le désert y est donc le lieu privilégié de l'action du Messager (ange) que l'on appelle l'Adversaire ( Satân ). Si lieu privilégié il y a, c'est parce que le reste du monde ne lui appartient pas. En tant que Messager, l'Adversaire a des pouvoirs, que Dieu lui concède. Cependant, il reste sous sa coupe. Ici, le Satân n'a fait que son boulot : mettre à l'épreuve. Qui plus est, c'est l'Esprit, le Souffle, Ruah - comprendre Dieu lui-même - qui dirige Jésus vers la tentation. Pourquoi Jésus doit-il passer par cette expérience de tentation avant de débuter son ministère ? Parce qu'elle fait partie d'un cheminement de purification.
Edité le 02-05-2008 à 21:30:59 par Trotmany |
| | Posté le 02-05-2008 à 21:35:49
| Dans l'ancien testament on voit de nombreux prophètes se retirer dans le désert. Jean Baptiste et les Esséniens aussi se retiraient dans le désert. |
| | Posté le 02-05-2008 à 22:10:55
| Effectivement. Paradoxalement, sauf erreur de ma part, je pense que les seules années durant lesquelles les prophètes hébreux ont rencontré Dieu face-à-face se situent dans le désert. Plus on est proche de lui et moins on le voit. J'adore Jean Baptiste parce qu'il a compris avant les autres que la Torah est un guide de cheminement spirituel. Il proposait à ses contemporains de l'entreprendre en perpétuant l'entrée du peuple hébreu en terre promise. |
| | Posté le 03-05-2008 à 07:43:14
| Il semble extrêmement probable que Jean Baptiste ait été un essénien. Les descendants de son "école" existent toujours : ce sont les Mandéens du sud de l'Iraq. |
| | Posté le 03-05-2008 à 11:18:28
| Tiens, pour faire une recherche sur ce que tu dis, j'ai trouvé ce site : http://www.licorne-ailee.com/revue/bmp-00-sept/mand%E9ens.htm Ce qui me dérange, c'est de voir apparaitre une liste d'envoyés de Dieu comportant Thot Hermès et Adonis. "Thot Hermès" était-il déjà une reconstruction mythologique très prisée à l'époque? J'ai l'impression qu'il n'a réellement fait sont apparition que dans les recherches alchimiques du moyen-âge, réinjecté au devant de la scène par la culture new-age. À moins que les Grecs déifiaient déjà Hermès comme avatar de Thot... Soit les écrits mandéens sont très tardifs soit j'ai trouvé un site de merde...
Edité le 03-05-2008 à 11:18:41 par Trotmany |
| | | | | | Posté le 03-05-2008 à 13:50:14
| Dans la définition d'Anush, qui peut aussi s'écrire anus, il est question de bouddha. Dans la définition d'Amta d-Noohra, il est question de Pistis Sophia . Un auteur dit que pour les Mandéens, Jésus était considéré comme un faux messie. Jean est le vrai... : ici J'imagine donc que le mandéisme est un mouvement pluriel et en perpétuelle évolution.
Edité le 03-05-2008 à 13:56:14 par Trotmany |
| | Posté le 03-05-2008 à 15:05:18
| Je ne suis pas certain que l'e rapprochement avec Bouddha vienne bien des mandéens et non pas de l'auteur de l'article. Par contre j'ai lu aussi sur un site qu'une des parèdres d'Hibil-ziwa était la "petite sophia". Et une qutre de ses parèdres est Lilith Zahriel, qui n'est autre que la démone Lilith des Sumériens et de la Kabbale. A propos de kabbale, pour les mandéens le monde est composé de plusieurs émanations dont le nom ressemble aux séphiroths de la kabbale : Hahut = Hod Lalut = ? Yabarut = Yesod ? Malakut = malkut ? Nasut = ? |
| | Posté le 03-05-2008 à 18:46:25
| Dès son apparition (création?), le christianisme génère ses problèmes fondamentaux: le manichéisme et la nature de Jésus: Dieu, fils de Dieu, envoyé de Dieu... Le gnosticisme chrétien existe bien dès le 1er siècle. Toute référence au "Diable" est du domaine des Manichéens. Pour ce qui concerne la 1ère citation d'où naît la discussion, je crois qu'Usul apporte une bonne interprétation... Je ne suis pas certain qu'il n'y ait pas confusion entre hermétisme et gnosticisme... Même s'il n'y a pas de gnosticisme sans hermétisme. Ceci dit, il est vrai que l'origine hébraïque du christianisme a été très profondément influencée par la culture grecque.
Edité le 03-05-2008 à 19:10:13 par tayaqun |
| | Posté le 03-05-2008 à 19:09:43
| Les références aux dieux nazoréens me montrent l'évidence du "double"... base magique... du reflet, donc d'une organisation binaire. Pas de Bien sans Mal... Voilà la base du problème. |
| | Posté le 03-05-2008 à 19:25:16
| Mais le mal est en nous, le Bien nécessite un effort et son accès se fait par la porte étroite. J'ai apprécié le texte sur les faux prophètes. |
| | Posté le 03-05-2008 à 21:01:20
| À part Netzah... Je ne vois pas. Le seul inconvénient, c'est que la Kabbale délimite précisément ce nombre d'émanation. Salut tayaqun ! Comment vas-tu depuis ? ^^ |
| | Posté le 03-05-2008 à 21:06:08
| | L'ennui c'est que si on met Netsah à cet endroit, ca modifie l'ordre des séphiroths. |
| | Posté le 03-05-2008 à 22:31:27
| Apparemment, d'après mes lectures, le mandéisme a quelques ressemblances avec le NT et en particulier.... tadadammm ! avec l'évangile de Saint Jean. Le mandéisme est une secte gnostique dualiste (retadadammm) ayant des influences babyloniennes, iraniennes, manichéennes et mêmes musulmanes. Cependant, la majorité de mes sources datent ce mouvement au IIe s. Revenons donc sur l'appellation Nazaréens, de l'hébreu nasir . Les Nazaréens étaient chez les Juifs une espèce de religieux ou de personnes consacrées solennellement au Seigneur. Le chapitre 6 des Nombres contient les prescriptions imposées aux Nazaréens. Curieusement, on y trouve un interdit fort autour des produits et sous-produits de la vigne. L'interdiction de se couper les cheveux pendant la durée de sa consécration. L'interdiction de se rendre auprès d'un mort, d'être en contact avec un mort. Encore plus curieux, si quelqu'un vient mourir auprès du nazir, il doit se raser les cheveux, faire un tas de sacrifices expiatoires et devra "sanctifier sa tête". Le nazir ne pourra boire du vin qu'à la fin de son naziréat. C'est le moment où il offre au Seigneur, entre autre, un agneau d'un an, une agnelle d'un an et un bélier. Extrapolations folles et furieuses Jésus est un nazir depuis sa plus jeune enfance. Il perd son père alors qu'il se trouve dans sa demeure. Il doit se soumettre aux rites de purification et va trouver un autre nazir, Jean le Baptiste, pour sanctifier sa tête. Durant son engagement, il ne peut se rendre auprès de Lazare, alors à l'agonie. Il regarde la marche funéraire de loin, avec une grande tristesse. Après un an de prédication, Jésus boit enfin du vin à l'occasion de la Pâque juive. Pour lui, il a fini son naziréat. Il s'offre en sacrifice comme celui d'un agneau d'expiation d'un an et sans défaut. Le soucis avec cette explication, c'est cette emmerdeuse d'agnelle et ce bélier. Au début, je me suis dis : "Pourquoi pas les deux larrons?" Ensuite, je me suis trouvé tout de même ridicule... Bonne soirée tout le monde!
Edité le 03-05-2008 à 22:32:07 par Trotmany |
| | Posté le 03-05-2008 à 22:46:39
| | Aparemment "nazaréens" n'était que le nom donné au groupe constitué par Jésus et ses disciples. Ca ne voulait probablement pas dire qu'ils se comportaient vraiment comme les naziréens de l'ancien testament (puisque Jésus s'approchait des morts et buvait du vin). |
| | Posté le 03-05-2008 à 22:53:32
| | Et les naziréens ne buvaient pas de vin ? |
| | Posté le 03-05-2008 à 23:02:17
| Ben ils ne pouvaient pas "normalement". Cependant, je ne me souviens plus d'un moment où Jésus boit du vin, en dehors de la cène. Comme une haine incompréhensible semble émaner des instances religieuses juives à l'encontre de Jésus, peut-être est-ce parce qu'il ne respectait pas ses engagements de nazir ... Jésus est tout de même appelé "rabbi", peut-être que ça a un rapport. |
| | Posté le 04-05-2008 à 13:01:38
| Aparemment, selon la Bible, Jésus passait pour un gourmand, par rapport à l'ascète jean baptiste. Ce dernier vivait bien plus comme un nazir. Et il était probablement Essénien. Jésus semble avoir été un disciple de Jean Baptiste au début. Mais ensuite il s'est détourné de lui, créant sa propre école de pensée, une école moins rigoriste. Dans la Bible on le voit bien : les disciples de Jean ne comprennent plus Jésus et se demandent s'il est toujours le messie qu'ils attendaient. Aparemment les rapports entre les deux groupes ont continué ensuite à se détériorer puisque les Mandéens, qui se réclament de Jean, disent que Jésus était un faux messie qui a corrompu l'enseignement de Jean. Mais on retrouve la même histoire avec Bouddha : au début il vivait trés ascériquement, jusqu'au jour ou il a compris que ca ne servait à rien. Ses anciens collègues ascètes ont alors pensé que c'était un traitre. |
| | Posté le 05-05-2008 à 16:24:29
| Pour Ase, complément d'information sur le Diatagma Kaisaros :
Sur la dalle de marbre, de dimensions 0,60m x 0,375m, se trouve, écrite en grec, une ordonnance concernant la violation de sépulture, prise par Coponius à l'occasion d'un geste de profanation du Temple par les Samaritains. Mais vous conviendrez que l'ordonnance laisse un goût de connu...
Traduction par J. Schmitt a écrit :
Ordonnance de César. Il me plait que les sépultures et les tombeaux qu'on a faits par religion pour les aïeux ou les enfants ou les proches demeurent immuables à perpétuité. Si néanmoins un accusateur vient convaincre quelqu'un, soit de les avoir détruits, soit d'avoir exhumé de quelque autre manière les corps ensevelis, soit de les avoir transférés en d'autres lieux par manoeuvre frauduleuse et à des fins injurieuses, soit enfin d'avoir changé de place les dalles (ou les inscriptions) et les pierres d'un tombeau, j'ordonne que le coupable soit condamné (ou mis en jugement) pour lèse-religion envers les hommes avec la même rigueur que pour lèse-piété à l'égard des dieux (ou comme en matière de lèse-divinité par manquement aux devoirs des hommes envers les dieux). Car il faudrait honorer les morts beaucoup plus (qu'on ne le fait). Qu'il ne soit absolument permis à personne de changer (les tombes) (ou de déplacer "les corps"). Sinon, je veux que, du chef de violation de sépulture, le coupable soit condamné à mort |
ERRATUM important. Après vérification, j'ai fais une erreur de traduction et il ne s'agit pas d'une inscription portant le nom "Nazareth", mais d'une inscription dite "de Nazareth". La dalle provient donc de cette région.
Edité le 05-05-2008 à 17:14:08 par Trotmany |
| | Posté le 05-05-2008 à 23:05:18
| Citation :
On ne parle pas d'archontes, ni de Sofia/Prounikos/Akhamoth, ni des Éons, etc ... |
Justement en Jean 14,30 ou 12,31, le mot "prince" est la traduction d' archon qui signifie "principe"
Citation :
Ce qui me dérange, c'est cette notion de "prince de ce monde". Comme si nous étions sous la coupe de Satân et que Dieu n'a point d'emprise sur l'homme. Cette notion de démiurge mauvais est très prisée des gnostiques (et beaucoup plus tard, a fait les joies des théories cathares). Je n'ai pas retrouvé pareille affirmation dans les synoptiques. |
Il est pourtant évoqué en Matthieu sous une autre forme : Matthieu 9:34 Mais les pharisiens dirent: C’est par le prince des démons qu’il chasse les démons. Mais on retrouve encore une autre forme de ce prince dans les épitres de Paul : Ephésiens 2:2 dans lesquels vous marchiez autrefois, selon le train de ce monde, selon le prince de la puissance de l’air, de l’esprit qui agit maintenant dans les fils de la rébellion.
Citation :
Et nous voici avec un début de démonologie manichéenne qui est complètement aberrante vis-à-vis de la doctrine de Jésus. Notre monde est sous la coupe d'un Dieu secondaire, des forces du mal, qui logent aux cieux! |
N'est-ce pas également l'enseignement du livre de la Genèse ? Et d'une façon plus générale, celui de tout le Pentateuque ?
Citation :
De plus Paul parle de Jésus comme d'un être céleste qui semble n'avoir jamais vécu physiquement sur terre. Il ne parle jamais de la vie de Jésus et semble dire que c'est seulement dans le futur qu'il descendra parmi nous. |
Paul ne peut conduire la révélation messianique qu'après la résurrection du Christ. Le NT est donc composé des évangiles qui règlent l'évolution mystique de la conversion jusqu'à la résurrection, et les épitres entament ce qui se déroule de la résurrection jusqu'à la mort physique, qui représente la partie de construction du corps mystique ou ekklésia. Ce corps mystique ne peut pas se construire tant que la résurrection n'a pas eu lieu.
Citation :
Il est clair que Paul et Jean ont énormément déformé l'enseignement primitif de Jésus. |
Ils ne l'ont pas "déformé", mais ils ont accompli la parole. Ce n'est pas la même chose. Pour éclairer vos réflexions, il faut peut-être remarquer ce qui est cité dans le premier post de ce thème : Si Dieu était votre père, vous m'auriez aimé, car c'est de Dieu que je suis sorti et que je viens ; je ne suis pas venu de mon propre chef, c'est Lui qui m'a envoyé. Pourquoi ne comprenez-vous pas mon langage? Parce que vous n'êtes pas capables d'écouter ma parole . Votre père, c'est le diable, et vous avez la volonté de réaliser les désirs de votre père. Dès le commencement il s'est attaché à faire mourir l'homme ; il ne s'est pas tenu dans la vérité parce qu'il n'y a pas en lui de vérité. Lorsqu'il profère le mensonge, il puise dans son propre bien parce qu'il est menteur et père du mensonge . Au premier degré, on s'aperçoit que le problème provient du langage, et si mes souvenirs sont bons, il me semble que le dieu IHWH a institué la confusion du langage à Babel (livre de la genèse). Depuis lors, c'est avec un langage confus que l'homme peut appréhender ce qu'il perçoit de l'existence. Or IHWH est reconnu comme Elohim par Abraham, mais sous un état de confusion du langage, et donc cet elohim, n'est peut-être pas le véritable Elohim suprême du chapitre 1 de la genèse. Aussi, dans la transcription de l'hébreu au grec et dont se sert Chouraqui et ses collaborateurs de la Sorbonne, le mot Elohim du chapitre 1 de la Genèse est traduit par Theos dans la version grecque de l'AT et aussi dans le NT. Quant à IHWH, il est traduit par Kurios, qui est la traduction, en réalité, d'Adonaï "mon seigneur". En plusieurs endroits, IHWH se définit lui-même comme l'Elohim d'Israêl. Mais il n'est jamais désigné comme l'Elohim d'Adam. En poussant un peu plus loin l'étude, on s'aperçoit qu'IHWH se traduit pas "J'étais, Je suis et je serais", en tenant compte que l'hébreu ne connaît pas le temps présent. Mais ce principe du " JE suis ", n'est autre que l'Ego. Et donc, la distinction entre l'Ego et l'Autre ("Vous n'aurez pas le Dieu AUTRE devant ma face" dit IHWH) représente exactement l'action verbale du Diable, qui n'est autre que le principe de dualité, et en logique la disjonction exclusive. Jésus lutte contre ce principe dualiste et cherche à unifier les contraires à travers une relation de complémentarité (en logique l"Union) et non une séparation d'opposition. En faisant cela, Jésus incarne véritablement le verbe divin, non séparatiste, alors qu'Adam avait au contraire, dans le jardin d'Eden, effectué cette séparation sous l'influence du Diable (Serpent). Dans le chapitre 2 de la genèse, le principe Elohim du chapitre 1 devient IHWH-ELOHIM, relation des contraires et complémentarité. Ceci apparaît plus net dans le version Chouraqui. Les autres versions traduisent par l'Eternel Dieu. Dans ce principe, qui est le Verbe, il n'y a pas de séparation, et IHWH est un des Elohims sur un nombre d'Elohims infini, qui sont autant de possibilités imaginaires d'existence, des êtres possibles à l'infini. Mais en Elohim, ces êtres sont encore inexistants, puisqu'imaginaires et possibles. et le seul principe qui peut alors exister pour de bon, est l'être contraire à cet état de néant informe et vide d'Elohim. C'est le souffle qui plane sur les eaux, telle une volonté d'Etre. Lorsque Adam commet la faute, IHWH-Elohim se trouve divisé en deux contraires opposés, IHWH d'un côté, pur Souffle, et ELOHIM source des êtres de l'autre. Evidemment, étant adversaires dans la conscience humaine, Elohim devient le Satân d'IHWH. Mais cela n'est qu'artificiel, et cela n'est vrai que comme une illusion et une contre-vérité dans la conscience humaine, et il est normal que cette illusion soit productrice de la confusion de Babel qui entraîne une inversion des dieux, une "confusion" des dieux, une confusion de l'esprit et un écartèlement de la conscience. Juste pour terminer ce post, il ne faut pas confondre Satân et le Diable. Car le Diable est réellement cause de nos erreurs, alors que Satân est Dieu. Toutefois, dans le NT, comme Jésus lutte contre le Diable, ce dernier est l'adversaire de Jésus. C'est pourquoi, Jean, dans l'apocalypse, identifie Sâtan au Diable et au Serpent ancien. J'espère n'avoir choqué personne. |
| | Posté le 06-05-2008 à 17:10:01
| Bonjour Ilibade, et bienvenu "Or IHWH est reconnu comme Elohim par Abraham" ---> ? "Mais il n'est jamais désigné comme l'Elohim d'Adam." ---> exact merci. On peut aussi remarquer que si dieu est esprit, ses créations (en l'occurrence Adam) sont aussi des esprits et donc le paradis ne pouvait pas se trouver sur terre, c'était un paradis "celeste". Il y a donc bien une chute dans cette dualité. "l'action verbale du Diable, qui n'est autre que le principe de dualité, et en logique la disjonction exclusive." ---> oui l'hypertrophie du Moi. "En faisant cela, Jésus incarne véritablement le verbe divin, non séparatiste, alors qu'Adam avait au contraire, dans le jardin d'Eden, effectué cette séparation sous l'influence du Diable (Serpent)." ---> si on en croit le vocabulaire de la théologie, par l'action du verbe, Jésus crée un pont entre l'abîme des tenèbres afin que tout ange déchu suiveur (donc la descendance de Adam qui a chuté dans la sphère terrestre) et les anges déchus meneurs puisse suivre une voie de rédemption. "Dans le chapitre 2 de la genèse, le principe Elohim du chapitre 1 devient IHWH-ELOHIM, relation des contraires et complémentarité." ---> et dans la septante ? |
| | Posté le 06-05-2008 à 18:45:15
| Bonjour Ase. Examinons Chouraqui, qui a utilisé les vocables hébreux translittérés. (y compris pour le NT) En Gen 12, 1, on trouve : Genèse 12:1 IHVH–Adonaï dit à Abrâm: «Va pour toi, de ta terre, de ton enfantement, de la maison de ton père, vers la terre que je te ferai voir. Ici, c'est bien IHWH qui se révèle. En Gen 17,1, on a : Genèse 17:1 Et c’est Abrâm: il a quatre–vingt–dix–neuf ans. IHVH–Adonaï se fait voir à Abrâm et lui dit: «Moi, Él Shadaï; va en face de moi: sois intègre! Mais en 17,3, Abram assimile IHWH à Elohim : Genèse 17:3 Abrâm tombe sur ses faces. Elohîms lui parle pour dire: L'explication est alors en gen 17,7 Genèse 17:7 Je lève mon pacte entre moi, entre toi, et entre ta semence après toi pour leurs cycles, pour pacte de pérennité, pour être pour toi Elohîms , et pour ta semence après toi. Ici, il ne s'agit pas d'être Elohim pour tous, mais seulement pour Abram et sa descendance. Cet Elohim n'est donc pas l'Elohim universel, mais un élohim particulier. De toutes façon, l'Elohim universel n'étant pas plus individuel qu'universel, il ne pourrait pas s'exprimer en parlant de lui disant "moi". Car moi est nécessairement limité et défini, alors que Dieu est infini.
Citation :
On peut aussi remarquer que si dieu est esprit, ses créations (en l'occurrence Adam) sont aussi des esprits et donc le paradis ne pouvait pas se trouver sur terre, c'était un paradis "celeste". Il y a donc bien une chute dans cette dualité. |
Non, je ne crois pas. Elohim est l'infini, contenant toutes les possibilités d'existence, mais dans un état potentiel, non existant, et dans cet état, chaque possibilité y est neutralisée par la possibilité qui lui est contraire. C'est pour cela, que dans le chapitre 1, la Création, bien que possible, en est encore dans un état informe et vide, sans distinction possible des possibilités. Toutefois, l'une de ces possibilités, l'Esprit qui plane, et qui est le principe de la manifestation, s'oppose aux autres possibilités. C'est la possibilité de l'Etre. Cette possibilité de l'Etre ou Lumière, peut être vue comme pur esprit, pure logique, et comme elle établit l'existence comme un contraire du Non-Etre, elle est le principe de négation logique, fondement de tout langage. C'est pourquoi, il est écrit "Elohim dit". Mais cet esprit est donc contraire de tout le reste, et ce qu'il reste d'Elohim, c'est-à-dire quasimment tout, est donc matière. Ce verbe s'exprime dans la septante comme dans la bible hébraïque de la même façon, par le rattachement d'Elohim (restant) à IHWH (l'Esprit pur). IHWh est la lumière qui exprime l'Existence en la rendant visible et manifeste (en acte), alors qu'Elohim est la source de tous les imaginaires en puissance. Comme une relation entre A et B s'exprime le plus élémentairement par AB, le texte des chapitres 2 et 3 évoque IHWH-ELOHIM, comme principe verbal, composé de 1 et de Zéro. 10 est le principe du verbe, et nos ordinateurs fonctionnent par un langage qui n'utilise que des 1 et des 0, deux principes contraires. Elohim du chapitre 1 est strictement équivalent à Elohim (chap 2-3) + IHWH. C'est le même principe, mais avec une légère distinction dans IHWH-Elohim, qui permet d'envisager ensuite la création comme un discours. Ce discours sera prononcé par Adam, qui, comme IHWH-Elohim, est spirituel ET matériel. Le paradis céleste, n'en est pas moins un jardin matériel qui doit être cultivé. Adam n'est-il pas fait de souffle et de terre ? Pour comprendre, on peut faire un schéma simple. Sur une ligne verticale, on place en Haut IHWH, en bas Elohim et au milieu IHWH-ELOHIM. Adam est créé par IHWH-ELOHIM au milieu. Il est donc à la fois spirituel et matériel, comme le verbe divin qui l'a créé. Adam est une copie du verbe, et ce verbe s'exprime par Adam à travers son mental. Adam est donc la conscience universelle procédant à la création formelle. C'est lui qui doit nommer les êtres individuels et formels et donc leur donner l'existence. (En hébreu, nommer et donner existence sont identiques). Par la faute du chapitre 3, Adam sépare IHWH et ELOHIM, parce qu'il exprime le Verbe, en nommant les êtres, et là où il est placé, il voit les choses sous deux angles opposés. C'est là l'origine de la dualité. Et c'est ce que nous faisons nous-même en exprimant par un langage les choses (sans leurs contraires). Seul le Verbe silencieux reste au milieu, suggérant chaque chose et sa contraire. Mais Dieu n'est réellement qu'au milieu. Le Christ étant l'Adam à nouveau glorieux, il ne peut donc être qu'au milieu, là où les contraires fusionnent en une seule chair, une seule manifestation, image, mais surtout ressemblance du Dieu Elohim du chapitre 1. La chute d'Adam l'a fait passé d'un monde où esprit et matière ne formaient qu'un, à un univers de sa fabrication où esprit est contraire de matière. Le christianisme est une voie non-dualiste, qui représente le chemin contraire de la chute. Et donc, ce qu'il y a de gnostique, ne peut réellement représenter qu'une spiritualité de la dualité, alors que le chemin chrétien est une lutte contre la dualité, contre le Diable. C'est pour cela que pour moi, l'évangéliste n'est pas gnostique, bien qu'il ne puisse ignorer la chute d'Adam et sa rédemption, ni s'affranchir dans son langage de toute dualité. Enfin, le Diable n'est pas le "Moi" ni son exagération, mais la distinction entre le Moi et le Non-Moi, entre le conscient et l'inconscient, entre l'Un et l'Autre. |
| | Posté le 06-05-2008 à 22:18:01
| Salut Ilibade !
Ilibade a écrit :
Justement en Jean 14,30 ou 12,31, le mot "prince" est la traduction d' archon qui signifie "principe" |
Arkhôn signifie en grec : "celui qui commande". C'est arkhê qui signifie : "principe, commencement, origine, commandement, pouvoir". Or, si je fais confiance à ce site, on peut voir qu'en Jean 14, 30, c'est arkhôn qui est employé et non arkhê ; pareil en 12, 31.
Ilibade a écrit :
Il est pourtant évoqué en Matthieu sous une autre forme : Matthieu 9:34 Mais les pharisiens dirent: C’est par le prince des démons qu’il chasse les démons. Mais on retrouve encore une autre forme de ce prince dans les épitres de Paul : Ephésiens 2:2 dans lesquels vous marchiez autrefois, selon le train de ce monde, selon le prince de la puissance de l’air, de l’esprit qui agit maintenant dans les fils de la rébellion. |
Moue... Pas très convaincante la citation de Matthieu. Les pharisiens sont obligés de dire que Jésus, le thaumaturge influent, œuvrait sous l'influence du mauvais. Car autrement, il ne leur restait plus qu'à se mettre sous son autorité. D'ailleurs, cela est attesté plus loin :
Matthieu 12, 24 a écrit :
Mais les Pharisiens, entendant cela, dirent : "Celui-là ne chasse les démons que par Béelzéboul , le chef des démons." |
Béelzéboul ou Ba'al Zeboul n'est pas assimilable à Satân . Il s'agit d'une déformation méprisante de l'hébreu Ba'al-zbûl : "seigneur élevé" ou "Ba'al-le-Prince" qui devint Baalzéboub : "Seigneur des mouches". Ba'al est une vieille divinité phénicienne adorée comme dieu de l'ouragan et de la fécondité. C'est aussi une divinité qui fût adorée par les Cananéens et contre laquelle il y eut de grandes oppositions de la part du culte yahviste (par ex. de la part d'Élie 1R 18,19-43). Ba'al en est venu à symboliser la présence ou le retour périodique d'une tendance à exalter et glorifier les forces instinctives et archaïques au détriment du Dieu unique. S'agit-il du "prince de ce monde"? Personnellement, j'en doute.
Ilibade a écrit :
N'est-ce pas également l'enseignement du livre de la Genèse ? Et d'une façon plus générale, celui de tout le Pentateuque ? |
Est-ce l'opposition Abel-Caïn qui te fait penser cela ?
Ilibade a écrit :
Paul ne peut conduire la révélation messianique qu'après la résurrection du Christ. Le NT est donc composé des évangiles qui règlent l'évolution mystique de la conversion jusqu'à la résurrection, et les épitres entament ce qui se déroule de la résurrection jusqu'à la mort physique, qui représente la partie de construction du corps mystique ou ekklésia. Ce corps mystique ne peut pas se construire tant que la résurrection n'a pas eu lieu. |
De la résurrection jusqu'à la mort physique ?
Ilibade a écrit :
Ils (Paul et Jean) ne l'ont pas "déformé", mais ils ont accompli la parole. Ce n'est pas la même chose. |
Je pensais que c'est Jésus qui a accompli la Parole. Pourquoi devaient-ils passer à nouveau derrière ?
Ilibade a écrit :
Au premier degré, on s'aperçoit que le problème provient du langage, et si mes souvenirs sont bons, il me semble que le dieu IHWH a institué la confusion du langage à Babel (livre de la genèse). Depuis lors, c'est avec un langage confus que l'homme peut appréhender ce qu'il perçoit de l'existence. Or IHWH est reconnu comme Elohim par Abraham, mais sous un état de confusion du langage, et donc cet elohim, n'est peut-être pas le véritable Elohim suprême du chapitre 1 de la genèse. Aussi, dans la transcription de l'hébreu au grec et dont se sert Chouraqui et ses collaborateurs de la Sorbonne, le mot Elohim du chapitre 1 de la Genèse est traduit par Theos dans la version grecque de l'AT et aussi dans le NT. Quant à IHWH, il est traduit par Kurios, qui est la traduction, en réalité, d'Adonaï "mon seigneur". |
En Genèse 1, il n'est question que d'Elohîms ; mais déjà en Genèse 2, on retrouve YHVH-Elohîms. En Genèse 11 (Le récit avec Babel), le mot utilisé est aussi YHVH. On doit ce morcellement aux différentes sources documentaire qui ont été agglomérées pour former la Genèse : source yahviste et source elohiste. La tradition yahviste étant estimée par la plupart des experts comme la plus ancienne des strates narratives. Cependant... On lit en Genèse 13, 4 : "Abrâm crie le Nom de YHVH." A savoir que son nom véritable n'est peut-être pas simplement YHVH... Et lors de sa rencontre avec Malki-Sèdèq (lire Melchisédeq), le "prêtre d'Él-'Eliôn - l'El suprême", Abrâm dit : "J'ai levé ma main vers YHVH, Él-Éliôn, l'auteur des ciels et de la terre... (Gn 14, 22)
Ilibade a écrit :
En plusieurs endroits, IHWH se définit lui-même comme l'Elohim d'Israêl. Mais il n'est jamais désigné comme l'Elohim d'Adam. |
YHVH se décline tout d'abord comme étant l'Elohîms des pères des Hébreux : Abrahâm, Is'hac et Ia'acob (Ex 3, 15). Pourquoi a-t-il dû donner ces références pour se présenter ? Il n'est pas impossible qu'auparavant aucun terme générique ne ralliait tous les dénominatifs du Très Haut (Él 'Eliôn), facilitant ainsi sa contamination par d'autres cultes et l'accrétion d'éléments exogènes. On pense directement aux emprunts faits à la mythologie babylonienne.
Ilibade a écrit :
Jésus lutte contre ce principe dualiste et cherche à unifier les contraires à travers une relation de complémentarité (en logique l"Union) et non une séparation d'opposition. En faisant cela, Jésus incarne véritablement le verbe divin, non séparatiste, alors qu'Adam avait au contraire, dans le jardin d'Eden, effectué cette séparation sous l'influence du Diable (Serpent). |
Tu dois confondre, ou alors tu appelles Diable-serpent YHVH-Elohîms.
Ilibade a écrit :
Dans ce principe, qui est le Verbe, il n'y a pas de séparation, et IHWH est un des Elohims sur un nombre d'Elohims infini, qui sont autant de possibilités imaginaires d'existence, des êtres possibles à l'infini. Mais en Elohim, ces êtres sont encore inexistants, puisqu'imaginaires et possibles. et le seul principe qui peut alors exister pour de bon, est l'être contraire à cet état de néant informe et vide d'Elohim. C'est le souffle qui plane sur les eaux, telle une volonté d'Etre. |
On peut aussi traduire YHVH par "J'étais celui qui sera". Ainsi, le présent n'est pas du tout pris en compte. YHVH se présente alors comme le mur de Planck, un espace de flottement entre être et non-être, entre potentialité et révélation, entre absence et présence. Et c'est exactement ce qu'est l'Esprit d'Elohîms au chapitre 1 de la Genèse. Si YHVH est le souffle d'Elohîms, autant dire qu'il est Elohîms révélé. À la manière des Anges qui sont des révélations de YHVH, tout en étant YHVH.
Ilibade a écrit :
Lorsque Adam commet la faute, IHWH-Elohim se trouve divisé en deux contraires opposés, IHWH d'un côté, pur Souffle, et ELOHIM source des êtres de l'autre. Evidemment, étant adversaires dans la conscience humaine, Elohim devient le Satân d'IHWH. Mais cela n'est qu'artificiel, et cela n'est vrai que comme une illusion et une contre-vérité dans la conscience humaine, et il est normal que cette illusion soit productrice de la confusion de Babel qui entraîne une inversion des dieux, une "confusion" des dieux, une confusion de l'esprit et un écartèlement de la conscience. |
Ton développement est intéressant, mais il ne prend pas en compte toutes les données mises à disposition : Première séparation entre l' Adamah et Adam , l' "Humanité" faite de poussière. Adam peut aussi se lire Ed dam , où Ed : "vapeur" et dam : "sang". La vapeur vient de l'humide, de l'inaccompli, de l'abime. Le sang porte la vie, le Souffle d'Elohîms. Deuxième séparation de l' Adam en Ish : "l'époux" et Isha : "l'épouse". Certains gnostiques y ont vu la distinction entre "vapeur" et "sang", entre l'esprit et l'âme. Troisième séparation entre Eden : "le jardin des délices" et Adamah : "la terre" où sont expulsés Ish et Isha . La première séparation a été opérée par YHVH. La deuxième a été sollicitée par Adam et opérée par YHVH. La troisième est la conséquence des actes de Isha et Ish, exécutée par YHVH. En terme de Cheminement spirituel, on peut comprendre que l'erreur des gens de Babel n'a pas été de parler la même langue (rassembler Ish et Isha). Ni même de vouloir retrouver YHVH. Elle était de croire qu'ils pouvaient surpasser son autorité. Il était présomptueux de vouloir y retourner grâce à ce pont artificiel que représente la tour. Il était présomptueux de croire pouvoir détourner son interdiction sans passer par Lui. Or, on ne peut reconstituer le lien, l'échelle de Jacob, l'axe qui relie le Haut et le Bas, contre la volonté de YHVH.
Ilibade a écrit :
Juste pour terminer ce post, il ne faut pas confondre Satân et le Diable. Car le Diable est réellement cause de nos erreurs, alors que Satân est Dieu. Toutefois, dans le NT, comme Jésus lutte contre le Diable, ce dernier est l'adversaire de Jésus. C'est pourquoi, Jean, dans l'apocalypse, identifie Sâtan au Diable et au Serpent ancien. J'espère n'avoir choqué personne. |
Le mot "diable" provient du grec diabolos : "le calomniateur, le diviseur" et traduit souvent le terme hébreu Satân : "l'adversaire, l'ennemi, l'accusateur". Dans le Nouveau Testament, Jésus lutte contre Satân . Ne dit-il pas à Pierre : « Retire-toi ! Derrière-moi, Satân ! Tu es pour moi une occasion de chute, car tes vues ne sont pas celles d’Elohîms, mais celles des hommes. » (Mt 16,23) Aussi, lorsqu'en Matthieu 4, on dit que c'est le diable qui éprouve Jésus, ne faut-il pas y voir l'oeuvre de Satân ?! L'Accusateur, dont le travail a été similaire auprès de Job, qu'il met à l'épreuve avec la permission de YHVH (Job 1, 6-7). Dans les cultes de l’Orient Ancien, on reconnaissait au serpent un pouvoir guérisseur, venant sans doute de la croyance que le serpent se rajeunit perpétuellement en muant. On trouve trace de ce culte voué aux serpents dans le récit du livre des Nombres concernant le serpent d’airain (Nb 21,6-9). Dans le monde oriental le serpent est considéré comme un animal sacré, en contact avec le monde divin, avec la vie, la sagesse. Dans le récit de la Genèse, c’est ainsi qu’il apparaît, promettant à Eve la vie et une connaissance supérieure à celle des dieux (Gn 3,1-5), mais il est démythisé, sans doute pour lutter contre l’attirance pour les cultes magiques : le serpent n’est pas un animal sauveur mais une bête maudite. Il ne donne pas la vie, mais la mort. On comprend qu’il ait été assimilé à Satân, même si la comparaison est un sacrilège. Comment associer un Ange de YHVH à une divinisation exotique que les yahvistes ont tenté par tous les moyens de discréditer ? Je ne sais pas si Jean avait conscience des associations qu'il a entreprises.
Edité le 06-05-2008 à 22:22:10 par Trotmany |
| | Posté le 07-05-2008 à 09:58:06
| "Justement en Jean 14,30 ou 12,31, le mot "prince" est la traduction d' archon qui signifie "principe"" >>>>>>"Archontes" était un mot qui existait déja en grec. Mais il a pris un sens spécial chez les Gnostiques. Quand Paul l'emploit, il n'en fait pas 7 entités qui maintiennent les âmes prisonnières dans la matière. Ou alors s'il défendait ce genre de théorie gnostique, les textes ou il l'expliquait en détail ont disparu. "Il est pourtant évoqué en Matthieu sous une autre forme : Matthieu 9:34 Mais les pharisiens dirent: C’est par le prince des démons qu’il chasse les démons" >>>>>>>Cela fait des millénaires que les Hébreux croyaient aux démons. Mais rien ici n'indique que ce texte interprète les démons à la manière gnostique. "Mais on retrouve encore une autre forme de ce prince dans les épitres de Paul : Ephésiens 2:2 dans lesquels vous marchiez autrefois, selon le train de ce monde, selon le prince de la puissance de l’air, de l’esprit qui agit maintenant dans les fils de la rébellion." >>>>>La aussi on voit une croyance aux démons. mais sans que rien ne montre que ceux-ci étaient vus d'une manière spécialement gnostique. "Paul ne peut conduire la révélation messianique qu'après la résurrection du Christ. " >>>>>>Paul aurait trés bien pu inventer le personnage de Jésus puisque ce sont ses écrits qui sont les plus anciens datables dans le christianisme. Mais rien dans les écrits de Paul ne montre que Jésus ait vécu sur terre avant lui. La vie terrestre de jésus aurait trés bien pu être inventée plus tard. C'est du moins une possibilité parmi d'autres. "Le NT est donc composé des évangiles qui règlent l'évolution mystique de la conversion jusqu'à la résurrection, et les épitres entament ce qui se déroule de la résurrection jusqu'à la mort physique, qui représente la partie de construction du corps mystique ou ekklésia. Ce corps mystique ne peut pas se construire tant que la résurrection n'a pas eu lieu." >>>>>>>Mais on date désormais la rédaction des épitres d'AVANT les évangiles. (ce qui n'empèche pas que d'autres évangiles plus anciens auraient pu être écrits mais sans être parvenus jusqu'à nous). "Ils ne l'ont pas "déformé", mais ils ont accompli la parole. Ce n'est pas la même chose." >>>>>>>Ce que Paul dit ne correspond en rien avec ce que jésus avait dit. Il est donc difficile de prétendre que la théologie de Paul provienne de celle de jésus puisqu'il n'y a aucun points communs , en dehors de l'utilisation du mot "jésus". "Au premier degré, on s'aperçoit que le problème provient du langage, ..... ..... En plusieurs endroits, IHWH se définit lui-même comme l'Elohim d'Israêl. Mais il n'est jamais désigné comme l'Elohim d'Adam. " >>>>>>>On remarquera que la Genèse a été composée en reliant deu textes différents (au moins) : un ou dieu est appelé "YHWH" et un ou dieu est appelé "Elhoim". Rien ne prouve qu'il s'agissait du même dieu à l'origine. "En poussant un peu plus loin l'étude, on s'aperçoit qu'IHWH se traduit pas "J'étais, Je suis et je serais", en tenant compte que l'hébreu ne connaît pas le temps présent. Mais ce principe du " JE suis ", n'est autre que l'Ego. Et donc, la distinction entre l'Ego et l'Autre ("Vous n'aurez pas le Dieu AUTRE devant ma face" dit IHWH) représente exactement l'action verbale du Diable, qui n'est autre que le principe de dualité, et en logique la disjonction exclusive. " >>>>>>>Pour moi c'est l'inverse : "Je suis" représente tout ce qui reste quand on a enlevé l'Ego. L'Ego est toujours quelque chose (il s'identifie toujours à quelquechose) alors qu'ici "je suis" ne signifie que "j'existe". Une existance pure, sans identification à quoi que ce soit. "Jésus lutte contre ce principe dualiste et cherche à unifier les contraires à travers une relation de complémentarité (en logique l"Union) et non une séparation d'opposition. En faisant cela, Jésus incarne véritablement le verbe divin, non séparatiste, alors qu'Adam avait au contraire, dans le jardin d'Eden, effectué cette séparation sous l'influence du Diable (Serpent). " >>>>>>>Mais ou est-il écrit que le serpent soit le diable ? "Dans ce principe, qui est le Verbe, il n'y a pas de séparation, et IHWH est un des Elohims sur un nombre d'Elohims infini, qui sont autant de possibilités imaginaires d'existence, des êtres possibles à l'infini. Mais en Elohim, ces êtres sont encore inexistants, puisqu'imaginaires et possibles. et le seul principe qui peut alors exister pour de bon, est l'être contraire à cet état de néant informe et vide d'Elohim. " >>>>>>Un autre passage de la Bible (version de la septante) montre les choses d'une manière plus terre à terre et mythologique : YHWH est l'un des fils du "Dieu trés-haut ("El-Elyon"). Et il a hérité du royaume d'Israel alors que les autres ont hérité chacun d'un pays différent. "C'est le souffle qui plane sur les eaux, telle une volonté d'Etre. " >>>>>Ce souffle c'est ce que les hébreux ont appelé le Ruach-ha-kodesh. Pour eux c'est l'esprit de Dieu. Et les chrétiens en ont fait une entité séparée : le Saint-Esprit. "Juste pour terminer ce post, il ne faut pas confondre Satân et le Diable. Car le Diable est réellement cause de nos erreurs, alors que Satân est Dieu. Toutefois, dans le NT, comme Jésus lutte contre le Diable, ce dernier est l'adversaire de Jésus. C'est pourquoi, Jean, dans l'apocalypse, identifie Sâtan au Diable et au Serpent ancien. J'espère n'avoir choqué personne." >>>>>>>Dans Job on voit que Satan est un ange distinct qui parle à Dieu. Il ne s'oppose pas à lui mais semble à son service : c'est sous ses ordres qu'il tente les hommes. C'est en quelque sorte l'espion, l'avocat de l'accusation et le bourreau de Dieu.
Edité le 07-05-2008 à 09:58:56 par Atil |
| | Posté le 07-05-2008 à 10:14:11
| "YHVH se décline tout d'abord comme étant l'Elohîms des pères des Hébreux : Abrahâm, Is'hac et Ia'acob (Ex 3, 15). Pourquoi a-t-il dû donner ces références pour se présenter ? Il n'est pas impossible qu'auparavant aucun terme générique ne ralliait tous les dénominatifs du Très Haut (Él 'Eliôn), facilitant ainsi sa contamination par d'autres cultes et l'accrétion d'éléments exogènes. On pense directement aux emprunts faits à la mythologie babylonienne." >>>>>>>>On pense qu'à l'origine chaque "père des Hébreux" était en fait le "père" d'une tribu différente. Et chacun adorait un dieu différent : El shadaï, El olam, El raï, etc ... Et l'histoire de chaque père était écrite dans un livre différent. Lorsque la Bible a été écrite, tous ces textes ont été réunis, et il a fallu faire comme si tous ces pères faisaient partie d'une lignée unique et adoraient chacun le même Dieu. "La première séparation a été opérée par YHVH. La deuxième a été sollicitée par Adam et opérée par YHVH. La troisième est la conséquence des actes de Isha et Ish, exécutée par YHVH." >>>>>>>Pour tout compliquer, (ou tout expliquer ?): Le Talmud parle de deux séparations : Le 1er Adam était androgyne et a été coupé en deux pour créer l'homme Adam et la femme Lilith. Lilith étant partie, Dieu a recoupé (une cote d') Adam pour créer Eve. "Dans le Nouveau Testament, Jésus lutte contre Satân . Ne dit-il pas à Pierre : « Retire-toi ! Derrière-moi, Satân ! Tu es pour moi une occasion de chute, car tes vues ne sont pas celles d’Elohîms, mais celles des hommes. » (Mt 16,23) Aussi, lorsqu'en Matthieu 4, on dit que c'est le diable qui éprouve Jésus, ne faut-il pas y voir l'oeuvre de Satân ?! L'Accusateur, dont le travail a été similaire auprès de Job, qu'il met à l'épreuve avec la permission de YHVH (Job 1, 6-7)." >>>>>>>A noter que Jésus ne dit pas "tes vues ne sont pas celles d’Elohîms, mais celles de satan." Est-ce donc Satan ou les hommes, finalement, qui s'oppose(nt) à Dieu ? "On comprend qu’il ait été assimilé à Satân, même si la comparaison est un sacrilège. Comment associer un Ange de YHVH à une divinisation exotique que les yahvistes ont tenté par tous les moyens de discréditer ?" >>>>>>>Dans le Zohar on dit que Samael ("poison de Dieu" a chevauché le serpent pour venir tenter Eve. Hors Samael est souvent identifié à satan dans le Zohar. |
| | Posté le 07-05-2008 à 15:11:29
| Merci pour vos réactions chaleureuses. Comme elles tirent un peu dans tous les sens, je ne sais pas trop par quoi commencer. Arkhôn signifie en grec : "celui qui commande". C'est arkhê qui signifie : "principe, commencement, origine, commandement, pouvoir". C'est la même chose sur le plan logique. Le "principe" qui préside à l'existence de quelque chose, la commande. On peut voir cela comme ce qui définit la nature de cette chose, son essence, sa définition. Arché ou archon, même notion. Ba'al en est venu à symboliser la présence ou le retour périodique d'une tendance à exalter et glorifier les forces instinctives et archaïques au détriment du Dieu unique. S'agit-il du "prince de ce monde"? Personnellement, j'en doute. Il ne s'agit pas du prince de ce monde, mais d'un autre exemple du mot archon, montrant par là que la notion d'archonte telle qu'elle détermine les données gnostiques est nécessairement présente dans les textes. Ce n'est donc pas sur cette notion qu'on doit distinguer les gnostiques des non-gnostiques. Relativement à BA'AL, il s'apparente nécessairement à BA'EL, la "maison d'EL" où EL est le "Seigneur de la maison", et la maison d'EL correspond en quelque sorte à l'ensemble de ce que cette maison contient, comme on dirait "la maison de Pharaon", qui contient femmes, enfants, serviteurs, animaux, mobiliers, etc ... Le rapprochement d'EL avec ELOAH puis avec ELOHIM permet de définir trois états logiques d'un même principe indéterminé, selon le degré de précision que l'on peut être amené à faire dans le discours. Cette succession est celle des mots "CE ou CECI ou CELA", "CEUX-LA" et enfin "CECI de CEUX-LA". ELOHIM correspond à la dernière expression. Mais EL, ELOAH ou ELOHIM est un seul et même CELA. Il est la forme UNIQUE du MULTIPLE. BA'EL ou BA'AL est donc l'ensemble EL vu sous sa composante substantielle, la "maison", celle-ci circonscrivant une limite, comme dans la lettre BEIT qui démarre le livre de la genèse. Evidemment, cette notion de BA'EL est réfutée par les israêlites, puisqu'ils considèrent que IHWH a fait la création, et notamment celle de ADAM, alors que le livre de la genèse expose que c'est l'Homme qui crée IHWH. Si BA'EL est correspondant d'ELOHIM à travers les cultes de l'homme, c'est donc effectivement la partie inconsciente et instinctive qu'il représente, celle qui correspond à l'inconscient freudien, ou encore Schéol en hébreu. Cette partie comprend aussi tout l'Inconnu, tout l'imaginaire à l'infini, et donc, BA'EL est une contradiction ou plutôt une incompatibilité structurelle, puisqu'on cherche à contenir dans un espace limité BA quelque chose d'illimité EL. C'est exactement le sens du premier verset de la genèse. ELOHIM illimité crée en principe une limite de lui-même. De la résurrection jusqu'à la mort physique ? L'ensemble des textes d'une tradition apporte toutes les possibilités d'évolution de l'existence. Si l'on se réfère aux grandes étapes de l'histoire du peuple hébreu à travers les textes, on s'aperçoit que les textes du NT commencent par le rite du baptême, qui correspond au 4° degré initiatique de la voie des mystères (baptisma). Jésus est donc sur la voie initiatique. La crucifixion correspond à la nuit mystique de ces voies, qui est littéralement la "mort du vieil homme" (7° degré ) et la naissance de l'homme nouveau, naissance qui donne lieu à la construction du "corps mystique". Cette construction du corps mystique que l'on trouve dans toutes les traditions (corps de Boudhha, enfant céleste des taoïstes, ...) ne peut s'accomplir qu'après la mort mystique, car ce corps correspond à la matérialité de ce qui est divin, c'est-à-dire de ce qui est informe et vide du point de vue de l'existence. Cette construction est intellectuelle, et elle consiste à avoir pris conscience que notre existence n'est pas dans un corps formel, mais dans un "corps sans forme", comme un paradoxe logique. Evidemment, cette construction s'achève lors de la mort du corps physique qui est la véritable séparation entre l'homme charnel et l'homme pneumatique. Or cet homme pneumatique, sans corps formel, doit être conscient, alors qu'habituellement, hors du corps, la très grande majorité des hommes sont inconscients, ce qui les amène bibliquement dans le séjour des morts, le schéol. mais déjà en Genèse 2, on retrouve YHVH-Elohîms. Il y a une distinction entre IHWH-ELOHIM et IHWH. Il y a de même une distinction entre AB et A. La voyez-vous ? Dans le texte biblique IHWH est construit à partir de I + HWH. Or HWH est Hawah, Eve, et donc Eve est productrice d'IHWH. C'est pourquoi IHWH n'apparait réellement comme principe isolé qu'après qu'Eve soit apparue dans le texte. Car il est nécessaire d'avoir HWH pour obtenir IHWH. Il n'existe qu'une seule exception à cette règle, c'est IHWH-ELOHIM, qui contrairement à ELOHIM qui crée les cieux et la terre, va créer (dans le temps) la terre d'abord et les cieux ensuite. Gen 1,1 ENTÊTE Elohîms créait les ciels et la terre Gen 2,4 Voilà les enfantements des ciels et de la terre en leur création, au jour de faire IHVH–Adonaï Elohîms terre et ciels . Entre ces deux versets, on s'aperçoit que toute l'existence est posée, et l'ordre des mots n'est pas quelconque, car le langage est une suite ordonnée. Le départ ELOHIM conçoit les cieux et la terre, comme l'architecte conçoit la maison. Mais lors de la réalisation du plan, on partira à l'envers, de la terre d'abord (matériaux) pour atteindre les cieux (la pleine jouissance), dans une construction du Verbe IHWH-ELOHIM, véritable résultat final, de l'existence, où le créé atteint le Saint-Esprit, qui est dans l'ordre du monde, le dernier à être révélé. C'est pourquoi, cette phase de construction réelle est indiquée comme le "jour de faire IHWH-ELOHIM", "le jour où commence effectivement la formation d'IHWH-ELOHIM, but final", c'est le départ de la construction du VERBE, démarrant d'un verbe initial, séparateur des contraires (ELOHIM sépare lumière et ténèbres) jusqu'au Verbe synthétique IHWH-ELOHIM que l'on obtient en Apocalypse. Aussi, IHWH-ELOHIM ne crée l'Humain que parce qu'il est l'objectif de l'humain au terme de son évolution et de son intégration au divin. Le but à atteindre est toujours principe de toute action, volonté première et dernière, alpha et oméga. Cependant... On lit en Genèse 13, 4 : "Abrâm crie le Nom de YHVH." C'est bien là la preuve qu'IHWH est une construction de l'humain, c'est-à-dire du Mental, qui, en tant que moteur verbal, est le seul à prononcer des noms. Or en hébreu, nommer quelque chose, c'est aussi lui donner existence. En nommant quelque chose, on affirme son identité, son Soi. Etant alors isolée de tout ce qui lui est contraire et qui constituerait son Non-Soi, elle s'exprime de façon individualisée, donc de façon formelle. C'est le résultat du langage exprimé, qui rend formelle l'existence des choses tout en ignorant leurs contraires. Or dans l'objectif d'Adam d'atteindre IHWH-ELOHIM, celui-ci opère par le langage et il sépare IHWH d'ELOHIM. Abram, en affirmant IHWH, nie ELOHIM, lequel devient inconscient. ELOHIM devient alors le principe des démons, qui sont les possibilités que l'homme refoule dans l'inconscient et qui parfois viennent faire conflit. Je fais une première pause, si vous n'y voyez pas d'inconvénient. Je prépare une suite. |
| | Posté le 07-05-2008 à 15:13:39
| SUITE On doit ce morcellement aux différentes sources documentaire qui ont été agglomérées pour former la Genèse : source yahviste et source elohiste. La tradition yahviste étant estimée par la plupart des experts comme la plus ancienne des strates narratives. Pourtant la rigueur logique de tous les versets semble démontrer l'existence d'un seul auteur (ou groupe d'auteur). Ce qui est Elohiste ou yahviste ou écclésiastique ou encore narrateur, ne sont que les conséquences du schéma qui se constitue dès le premier verset. Adam étant au milieu entre IHWH en haut et Elohim en bas, il est donc confronté à cette dualité, qui lui fait entendre tantôt le discours d'IHWH, tantôt celui d'Elohim, tantôt le message neutre. Ainsi, dans la préparation du déluge, IHWH et Elohim donnent-ils des consignes contradictoires à Noé. il n'y a pas deux auteurs, mais un seul auteur dispensant deux logiques qui sont résultantes de la cruelle dualité. Méfions-nous des "experts". "Expertinence" n'est pas pertinence, si j'ose dire. YHVH se décline tout d'abord comme étant l'Elohîms des pères des Hébreux Abram est l'état de la conscience qui voit IHWH. Or IHWH est le principe de l'Etre et donc de la limite. D'ailleurs le NOM sacré est toujours un NOM, donc une limite, une définition, une identité. C'est pourquoi IHWH est principe de l'individualité, ou encore de l'EGO. Avec IHWH, Abram comprend que "Moi, Abram, JE SUIS". Il se voit comme un individu, comme une entité en possession d'un MOI, et qu'il affronte tous les NON-MOI qui l'environnent. Abram a d'ailleurs peur de l'étranger, c'est-à-dire de l'Autre. Il correspond à l'angoisse du 10° mois du nourrisson, qui pleure chaque fois qu'on le prend dans ses bras, car il craint pour son entité, toute nouvelle tête inconnue lui faisant peur pour lui-même. Abram est donc la prise de conscience de l'Ego. Tout ce qu'il va construire après cela, sera dicté par cette considération et son Moi devient le principe de son existence. Tu dois confondre, ou alors tu appelles Diable-serpent YHVH-Elohîms Pas du tout. Jésus exprime le côté non-dualiste des choses. Or ce non dualisme est nécessaire pour obtenir le Saint-Esprit ou Verbe, qui est désigné en hébreu comme l'union des contraires, et donc IHWH-ELOHIM. Le Diable est ce qu'il y avait au commencement du verbe d'Adam, qui, par le démarrage de la conscience, était obligé de séparer les contraires pour exercer le discernement, mais sans encore être capable de les voir comme complémentaires pour en réaliser la fusion. Or cette union des contraires, l'union du 1 (IHWH) et du 0 (ELOHIM) donne le 10, principe éternel du Verbe ou langage. Le langage de nos ordinateurs n'utilisent d'ailleurs que des 1 et des 0, et donc l'union sacrée IHWH-ELOHIM est bien le principe du Verbe ou du langage. On peut aussi traduire YHVH par "J'étais celui qui sera". Ainsi, le présent n'est pas du tout pris en compte. Le présent est représenté par le Wav, point de renversement du premier Hé (futur) au second Hé (passé). IHWH est donc temporel et sa traduction par "l'Eternel" est donc assez inexacte. IHWH ne peut être éternel que lorsqu'il s'accorde au Non-Etre ELOHIM intemporel. L'Eternel est alors la relation mathématique entre l'intemporel et le temporel, IHWH-ELOHIM. Mathématiquement, c'est un présent constant, qui occupe toute la réalité de l'Etre et non plus seulement un instant de jonction entre futur et passé. Sur le plan verbal, c'est un Verbe silencieux, qui, parce qu'il n'exprime RIEN de particulier, exprime en réalité TOUT simultanément. Passé et futur n'ont plus alors d'application. L'inaccompli et l'accompli se transforment dans l'Eternel en accomplissement . De la même manière, l'inconnu et le connu se transforme en connaissance. Enfin, l'imaginaire et le réalisé deviennent image. C'est bien l&agr |
| | |