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 Qu'est ce que la conscience ?

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Thoth
Thoth
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   Posté le 30-01-2009 à 19:19:02   Voir le profil de Thoth (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Thoth   

Voici un texte que j'ai écrit il a presque trois ans déjà. Il représente une étape qui vous permettra de comprendre quelles sont en gros mes prémices :

Conception globalisante de la conscience

Où commence la conscience et où s’arrête t-elle ? C’est un peu comme se poser la question de savoir où commence le blanc et où s’arrête le noir, que faire si nous n’avons pas de mot pour décrire le gris ? Face à du gris, les dis[CENSURE]s iront alors bon train : « C’est du noir ! _ Non, tu vois bien que c’est du blanc ! _ T’es miraud ou quoi, c’est bien du noir ça, le blanc… c’est blanc ! » etc…

Je propose donc une conception globale de ce qu’est la conscience, conception qui aura je l’espère pour avantage, de réconcilier pas mal de monde et de mettre un peu d’ordre dans nos esprits.
Je pars donc du principe que tout est conscience. Du moins cela est-il vrai en puissance. Pour mettre en valeur cette conscience, il faut des formes de vie capables de l'exprimer. Mais un organisme, aussi complexe soit-il, est forcément limité, et il ne pourra recevoir qu’une portion extrêmement réduite de cette conscience globale. Dès lors, cette petite portion reçue devient sa conscience propre. Elle n’est pas LA conscience, mais la part de conscience toute relative de cet élément séparé du tout.

Selon cette proposition, l’univers est donc conscience. C’est ensuite par la perception particulière qu’il a du monde, que l’organisme vivant réalise peu à peu en lui une conscience individuelle. Ce que j’appelle conscience effective , par opposition à la conscience en puissance ou conscience globale contenue dans tout, n’est donc en fait que cette faculté que les diverses formes de vie ont, de percevoir et de mettre en valeur certains aspects du monde.

Cette approche de la conscience va à l’encontre des définitions admises, pour qui la conscience s’oppose à l’inconscient et représente généralement la faculté propre à l’homme de réfléchir rationnellement sur sa propre condition. Mais est-il vraiment justifié de refuser la conscience à l’enfant en bas age, sous prétexte qu’il ne dispose pas des outils linguistiques adaptés pour raisonner sur sa propre faculté de conscience ? Et il faut bien admettre également, que ce qui participait du subconscient il y a un instant, peut d’un coup s’éclairer et ainsi devenir conscient présentement. Il ne s’agirait donc pas de confondre la raison ou l’attention, avec ce qui constitue véritablement la conscience fondamentale, et encore moins d’associer ce mot à la bonne morale des contes populaires.

Pour y voir plus clair, je propose de repartir du postula que tout est conscience. Dès lors, je peux commencer par distinguer, et cela pour chaque type d’organismes, ce qui peut être perçu, de ce qui ne peut pas l’être. Il y a donc d’un coté l’inconnaissable , qui reste pour une espèce particulière, de la conscience en puissance (rien ne dit qu’elle ne développera pas certaines facultés perceptuelles nouvelles dans un avenir plus ou moins proche), et de l’autre ce qui peut être perçu et qui constitue le potentiel conscient . Ce potentiel conscient propre à chaque espèce et à chaque individu, peut être à son tour séparé en trois portions :

1) La conscience effective, j’entends la portion minuscule de conscience globale, qu’un organisme active ou perçoit dans l’instant.
2) Le subconscient, la part de conscience que l’organisme a déjà perçu au cours de son existence passée, et celle qu’il choisit d’ignorer dans l’instant en focalisant son attention sur un objet particulier. Il est donc la somme de ce qui peut être activé ou réactivé à tout moment, sans que cela soit le cas dans l’instant.
3) L’inconnu, ce que l’organisme est capable de percevoir, mais sans jamais l’avoir fait.

A noter aussi, bien qu’il soit en grande majorité étranger au potentiel conscient, la part de L’inconscient , qui comprend le subconscient plus tout ce qui touche à l’inconnu et à l’inconnaissable, et qui s’oppose en cela à la conscience effective.


Par la suite, et en suivant ce modèle, il est possible de subdiviser de nouveau la conscience effective en plusieurs sous modalités :
1) La conscience vive , qui est une portion plus intense de la conscience effective, une faculté émergente rendue possible par l’attention.
2) La conscience imaginative qui permet l’abstraction.
3) Et la conscience réflexive , qui représente la portion de la conscience imaginative capable de raisonner sur elle-même.
Ajoutons peut être enfin la conscience discursive , dont la particularité est de fonctionner sur le mode du langage parlé.

Cette proposition de terminologie est sensée pouvoir couvrir et décrire l’ensemble de ce qui peut être considéré comme étant une forme de conscience. En reprenant dans l’ordre les notions employées, il est même possible d’en faire coïncider les étapes avec les événements essentiels de l’évolution animale et de la formation du monde tel que nous le connaissons. Nous avons donc :

1) la conscience globale, qui est là de toute éternité,
2) la conscience en puissance, qui apparaît avec la matière,
3) la conscience effective, qui apparaît avec la vie,
4) L’inconscient, qui apparaît en même temps que la conscience effective,
5) le subconscient, qui apparaît avec les premiers organismes multicellulaires,
6) la conscience vive, qui apparaît avec les premiers animaux,
7) la conscience imaginative, qui apparaît chez les reptiles,
8) la conscience réflexive, qui apparaît chez les mammifères évolués,
9) et la conscience normative, propre à l’humain qui parle.
A quoi il faut aussi ajouter le potentiel conscient, c'est-à-dire ce qui peut être perçu par les sens sans forcément l'avoir déjà été. Il s’agit là de l’attribut particulier à tout les organismes vivants, une notion qui englobe le connu et l’inconnu en s’opposant à l’inconnaissable.

Ce que Julian Jaynes retient de la conscience après avoir défini tout ce qu’elle n’était pas, correspond dans mon système à la conscience réflexive. Elle apparaît selon lui au cours du premier siècle avant J-C, bien que d’autres scientifiques peuvent déjà la repérer chez certains grands singes et peut être aussi chez les dauphins. De même, ce que Michel Cabanac de l’Université de [CENSURE] décrit comme étant la conscience, correspond en fait à ce que j’appelle la conscience imaginative. Il la trouve en premier lieu chez les reptiles dotés d’un cortex, après avoir lui-même défini les paramètres nécessaires à son observation. Tel autre chercheur enfin la reconnaîtra chez les insectes, en prenant pour preuve l’expression manifeste de leur conscience vive.

En définitive nul besoin de multiplier les exemples pour comprendre que chacun tente, à sa manière, de fixer une limite définitive à la conscience, et que ce faisant, chacun n’en décrit finalement qu’un aspect particulier. L’erreur consiste à vouloir la saisir comme si elle était un objet finit et aux contours francs, alors qu’elle est plutôt comme un fluide en dégradé dont les parties constituantes se succèdent sans discontinuité.
Vouloir comprendre ce qu’est la conscience en démontrant son point d’émergence dans le règne animal, revient à parler d’une seule station de radio pour décrire l’ensemble du spectre des fréquences.
De plus et pour conclure, la conscience globales étant selon mon modèle une substance infinie, hors du temps, vouloir en délimiter les bornes s’avère forcément arbitraire, ce que semble bien confirmer l’absence de consensus général, et les versions parfois diamétralement opposées que l’on rencontre pour la définir.

Thoth le 26 février 06

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Atil
Atil
28789 messages postés
   Posté le 30-01-2009 à 21:07:28   Voir le profil de Atil (Offline)   Répondre à ce message   http://perso.wanadoo.fr/atil/   Envoyer un message privé à Atil   

"Je pars donc du principe que tout est conscience.
.......
Selon cette proposition, l’univers est donc conscience.
.......
je propose de repartir du postula que tout est conscience. "

>>>>>>>Et on affirme ! Et on affirme !

Comme le prophète d'une nouvelle religion !

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...à mon humble avis.

#Atil
PizzaMan
11828 messages postés
   Posté le 30-01-2009 à 21:15:13   Voir le profil de PizzaMan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à PizzaMan   

Et plus il s'explique, moins l'on comprend.
On dirait Dalaha...

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#PizzaMan
Atil
Atil
28789 messages postés
   Posté le 30-01-2009 à 22:55:50   Voir le profil de Atil (Offline)   Répondre à ce message   http://perso.wanadoo.fr/atil/   Envoyer un message privé à Atil   

Le problème quand on veut parler de la conscience ...
... c'est qu'on passe tout son temps non pas à parler de la conscience mais du contenu de la conscience.
Ainsi l'imagination ou la réflexion ne sont pas des formes de conscience mais des contenus de conscience.
C'est comme si je voulais expliquer ce qu'est une télévision ... et que je me contentais de décrire les émissions des différentes chaines.

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...à mon humble avis.

#Atil
Ase
Ase
5229 messages postés
   Posté le 30-01-2009 à 23:25:13   Voir le profil de Ase (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Ase   

"Pour y voir plus clair, je propose de repartir du postula que tout est conscience. Dès lors, je peux commencer par distinguer, et cela pour chaque type d’organismes, ce qui peut être perçu, de ce qui ne peut pas l’être. Il y a donc d’un coté l’inconnaissable , qui reste pour une espèce particulière, de la conscience en puissance (rien ne dit qu’elle ne développera pas certaines facultés perceptuelles nouvelles dans un avenir plus ou moins proche), et de l’autre ce qui peut être perçu et qui constitue le potentiel conscient . Ce potentiel conscient propre à chaque espèce et à chaque individu, peut être à son tour séparé en trois portions"

---> tout arrière-plan n'est pas forcément inconnaissable, mais il est "vague", "fugace" et dans "l'ombre".
Une très bonne métaphore pour l'illustrer est celle du projecteur attentionnel du théoricien Bernard Baars: parfois il y a des pensées parasites qui traversent notre esprit (notre "scène mentale" ), mais comme on est occupé à autre chose, elles filent dans l'ombre de façon discrète, comme sur une arrière-scène derrière la scène de théâtre illuminée (par le faisceau de lumière d'un projecteur) où jouent les acteurs.
Personnellement je n'appellerai pas les pensées occurrentes d'arrière-plan des "potentialités" car ce sont des événements mentaux réels. Le terme "potentiel" suggère que c'est quelque chose de non-réel qui attend de devenir réel, alors qu'en fait c'est quelque chose de réel mais qui attend qu'on prête mentalement attention à lui, et puis aussi parce qu'en fait, il y a une gradation dans la "conscience d'accès".

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